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SHS-L | Les mises en scène de la sexualité et leur (dis)qualification. Obscénité, pornographie et censure (XIXe-XXIe siècles) - Bruxelles avril 2008

lundi 8 octobre 2007, par Julien Tardif

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Et oui c’est la rentrée universitaire saison des appels à communication et des présentations de programmes de séminaires 2007-2008

Ci-dessous encore un appel à communication qui s’annonce prometteur après un avant propos sur un ouvrage français qui a marqué les esprits

in front : Penser la pornographie, Paris, PUF, 2003, l’un des derniers ouvrages du philosophe français Ruwen Ogien.

Vous trouverez un interview radiodiffusé de l’auteur sur le site du CREUM (Centre de Recherche Ethique de l’Université de Montréal) :

Ruwen Ogien sur la pornographie

« Il balaie rapidement la position des conservateurs sur la pornographie car ceux-ci la condamnent au nom de leur conception du Bien sexuel selon laquelle le sexe n’a de valeur que dans le cadre d’une relation amoureuse entre un homme et une femme. L’ouvrage est consacré à l’analyse les conceptions « libérales » de la pornographie qui dominent actuellement le débat public et que l’on peut résumer ainsi : la diffusion de la pornographie doit être contrôlée parce qu’elle serait dommageable pour les adolescents et pour les femmes (donc au nom du Juste et pas du Bien).

La pornographie nuit-elle réellement aux adolescents ? Ogien critique les études douteuses qui ont fleuri récemment sur les supposés « dommages psychologiques ». Il va jusqu’à pointer des incohérences dans le traitement des mineurs : alors que la responsabilité pénale peut être envisagée dès 13 ans et que la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, les adolescents seraient soi-disant trop jeunes pour être confrontés à la pornographie… De plus, s’ils s’intéressent à la pornographie, c’est peut-être parce qu’ils ne trouvent pas d’autre moyen pour assouvir leur curiosité sexuelle qui est de fait « pathologisée » et « criminalisée » par des adultes qui refusent de leur offrir une éducation sexuelle de qualité »

In compte rendu d’ouvrage de Mathilde Rembert

Nous consacrerons assurément un prochain dossier de Polychromes sur ce philosophe marquant et son concept « d’éthique minimale »

Voici le texte d’appel à communication pour un prochain colloque en belgique sur ce thème, Ruwen Ogien y sera peut-être, affaire à suivre dans les dossiers SHS-L de Poly...

Les mises en scène de la sexualité et leur (dis)qualification. Obscénité, pornographie et censure (XIXe-XXIe siècles) Appel à communications, Journées d’études, Bruxelles, 18-19 avril 2008

L’obscénité et la pornographie ont progressivement été constituées comme objets de sciences sociales à part entière -bien qu’encore sans doute marginaux. Le regard académique ou savant s’est déplacé, d’un jugement extérieur vers des études de ces formes de production culturelle en tant que telles. Elles ne sont ainsi plus abordées exclusivement sous un angle normatif, inscrit dans une opposition binaire entre anti-censure / anti-pornographie, mais donnent lieu à des travaux visant à préciser la diversité et l’histoire de leurs caractéristiques, leurs conditions de production et de diffusion, leurs usages .

Un tel renouvellement des approches ne doit cependant pas conduire à évacuer des réflexions sur l’obscénité et la pornographie la question de la censure. Comme les éclairages historiques le montrent , l’obscénité et la pornographie renvoient en effet non à une essence de certaines formes de mise en scène de la sexualité mais à la qualification (morale, religieuse, juridique, littéraire...) qui en est faite par les acteurs sociaux d’une époque, d’un pays. L’enjeu de cette qualification est le plus souvent d’établir le bien fondé de leur libre circulation ou au contraire la nécessité de l’encadrement de leur production et de leur diffusion. La censure, sous ses différentes formes, est donc un des critères mêmes de définition de la pornographie et de l’obscénité.

Ces journées d’études souhaitent s’attacher à ces processus de qualification, à leurs logiques et à leurs évolutions, depuis le XIXe siècle jusqu’à la période contemporaine. Interroger ces processus revient à réfléchir à l’articulation entre les normes relatives à la sexualité et à son expression, les représentations de la sexualité et les pratiques sexuelles, supposées ou réelles. Plusieurs thématiques peuvent être creusées dans cette perspective.

Comment sont produites ces (dis)qualifications ? Ces classements sont le fruit de mobilisations et de luttes dont il importe de saisir les enjeux et les acteurs. Qui se mobilise pour qualifier un livre ou un film d’obscène, pour dénoncer les méfaits de la pornographie ? Et de quelles manières ? Inversement, quels sont les groupes ou les catégories qui vont contester la pertinence de ces catégories, de leur application ou des modalités de leur mise en œuvre ? Les entrepreneurs de cause en la matière sont nombreux et porteurs de revendications et de positions souvent diverses (ligues de moralité, experts de sciences sociales et médicales, acteurs politiques, mouvements féministes, producteurs et diffuseurs -notamment les éditeurs). La diversité de ces acteurs donne à voir la pluralité des enjeux qui s’attachent à la pornographie et l’obscénité : outre celles de la sexualité et de la morale, d’autres frontières se jouent ici (culturelles, scientifiques, politiques...). C’est dans ces mobilisations et leurs confrontations que les (dis)qualifications émergent et s’imposent et que les limites se dessinent entre le « condamnable » et le « tolérable », entre la « pornographie » et « l’érotisme », entre le « mauvais goût » et le « bon goût ».

Quelles sont les justifications données à ces (dis)qualifications ? Des contenus ont ainsi pu être condamnés en raison de leur simple existence (blasphème, débauche) mais aussi au nom de leurs effets sur le public et la société (atteintes aux bonnes mœurs, démoralisation). La question, classique, des effets de la pornographie peut ici être revisitée de manière féconde. Il ne s’agirait pas ici d’évaluer la réalité de ces effets mais d’étudier la place que la croyance en leur existence a occupé et occupe dans les mobilisations et les débats sur le contrôle des mises en scène de la sexualité.

Quels sont les dispositifs qui les incarnent ? Selon les contextes et les objets considérés, le contrôle des produits obscènes ou pornographiques peut prendre des formes très variées : simples dénonciations rhétoriques, dispositifs législatifs, « listes noires », publications de prescription / proscription, « enfers », etc. Le choix de ces formes et les modalités de leur mise en œuvre sont à préciser.

Quel est l’impact de ces censures ? Le contrôle exercé peut se traduire de diverses manières : disparition ou adaptation des contenus, contournement et jeu sur les registres (par exemple, les publications revendiquant une démarche médicale ou historique, sociologique), appropriation des étiquettes et retournement des stigmates (le label X comme argument commercial). Cette question est alors aussi une façon de réintroduire des considérations sur les contenus pornographiques dans l’analyse : les mises en scène de la sexualité sont aussi le produit des contrôles exercés sur elles.

Les processus et catégories discutés ici sont historiques. Leur compréhension passe aussi par la mise en évidence de leurs évolutions. Les catégories de pornographie et d’obscénité ont ainsi connu des glissements sémantiques (élargissements et déplacements), qui ne témoignent sans doute pas uniquement des évolutions technologiques. Des transformations macro-sociologiques ont contribué à banaliser et généraliser certaines formes de mise en scène de la sexualité. Les importations et réappropriations d’imageries considérées comme pornographiques sont nombreuses (publicité, art contemporain, cinéma d’auteur). Quelles en sont les implications sur ces catégories et sur les dispositifs de contrôle qu’elles fondent ? Ces évolutions seront étudiées sur la période allant du XIXe siècle à nos jours.

Ces mises en perspectives historiques peuvent être complétées par d’autres approches comparatistes. En ce sens, les propositions de communication pourront par exemple porter sur des comparaisons entre situations nationales ou entre supports médiatiques (écrit, audiovisuel, Internet...).

Enfin, ces journées souhaitent être pluridisciplinaires et nous encourageons les propositions des chercheurs de toutes les disciplines.

Les propositions de communication seront envoyées au plus tard le 31 octobre 2007. Elles ne dépasseront pas une page et seront accompagnées d’une brève présentation de l’auteur-e. Les propositions doivent parvenir à l’adresse suivante : meonjm@yahoo.fr

Le Groupe « Genre, normes et sexualités »,


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