POLYCHROMES

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DEBAT | Invitation à la réflexion sur la place du "corps" chez les homos...

vendredi 7 septembre 2007, par Polychromes

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Pour poursuivre la réflexion ouverte lors de notre article sur le nouveau calendrier du Stade français, "Dieux du stade 2008" il nous a semblé important d’étayer le débat autour du corps, de sa place et de son importance pour la "communauté" gay.

Voici donc, comme une invitation au débat (n’hésitez pas à laisser votre avis sur le forum, en fin d’article) deux extraits de réfléxions universitaires.

D’abord des extraits du très intéressant article "Bodybuilding" d’Arnaud Lerch, doctorant en sciences sociales rattaché au centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS - Paris V CNRS), dans le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes  :

« (...) L’identification du muscle à l’attractivité sexuelle prend son essor dans la période charnière que sont la fin des années 1970 et le début des années 1980, où se développe chez les gays une image collective virile en décalage avec les représentations dominantes de l’homosexuel efféminé. Modalité de l’appropriation d’une identité sociale plus masculine par les gays, la diffusion du muscle comme norme est en outre accentuée par les premières réponses médicales aux pertes de poids constatées chez les homosexuels atteints du VIH, qui ont consisté dans la prescription de stéroïdes, de testostérone, ou d’hormones de croissance. »
« (...) les gays, renvoyés aux rejets sociaux contradictoires de leur "excès de féminité" ou de "masculinité", ont trouvé dans le bodybuilding un moyen de rendre le corps visible au désir : ostentation aux antipodes de la masculinité hétérosexuelle, qui s’est historiquement caractérisée par la mise en scène de la force plus que par la mise en scène du désir pour lui-même, et dont la condition d’efficacité sociale est probablement l’euphémisation de sa dimension volontairement esthétique. (...) »

Et dans un texte plus exigeant et plus ancien, Pierre BOURDIEU nous propose ses "Remarques provisoires sur la perception sociale du corps" , Actes de la recherche en sciences sociales, n°14, 1977, p 51-54 :

« Le rapport au corps propre est, une manière particulière d’éprouver la position dans l’espace social à travers l’expérience de l’écart entre le corps réel et le corps légitime. Redoublées par l’ensemble des traitements intentionnellement appliqués à tout l’aspect modifiable du corps qui, dépendant des moyens économiques et culturels susceptibles d’y être investis, sont autant de marques sociales recevant leur sens et leur valeur dans le système de signes distinctifs qu’elles constituent, homologue d’un système de positions sociales. Les corps auraient toutes les chances de recevoir un prix strictement proportionné à la position de leurs possesseurs dans la structure de la distribution des autres propriétés fondamentales si l’autonomie de la logique de l’hérédité biologique par rapport à la logique de l’hérédité sociale n’accordait parfois aux plus démunis sous tous les autres rapports les propriétés corporelles les plus rares, et si, à l’inverse, les accidents de la biologie ne privaient parfois les "grands" des attribuent corporels de leur position comme la grande taille ou la beauté »

Et pour finir (momentanément...), nous ne pouvons que vous inciter à découvrir le film BEEFCAKE de Thom Fitzgerald (1999) qui propose le portrait très original de Bob Mizer, fondateur de l’Athletic Model Guild et amateur de beaux garçons vigoureux. L’alternance entre fiction et images documentaires/archives), permet un hommage sulfureux à l’univers des « magazines de muscles » des années 40/50, antichambre de la culture "body-gay" et des calendriers sportifs actuels.


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