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LITTERATURE | Du trois en un, "Hotel de Dream" d’Edmund White

jeudi 6 mars 2008, par Jacky Siret

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Edmund White est sans doute actuellement, le plus français des écrivains américains. Nous lui devons entre autres une biographie de Jean Genet et puis l’Homme Marié, paru en 2000. L’histoire de son amour pour Julien. Julien qui va mourir du SIDA, à Paris. J’ai presque tout lu de Edmund White, aimé tous ses romans avec une tendresse particulière pour La Symphonie des adieux, point final à sa trilogie autobiographique. (Un jeune américain et La Tendresse sur la peau).

Hôtel de Dream, paru fin 2007 en France, n’a pas vraiment bénéficié d’une réelle promotion. Sortie discrète donc et j’avoue que le livre est resté quelques semaines sur une étagère avant que je me décide à l’ouvrir. A tort.

Hôtel de Dream, du Trois en Un donc. Trois récits qui s’entrecroisent, 1/ Ed White raconte la fin de vie de Stephen Crane, magnifique écrivain américain qui se meurt en 1900 à l’âge de vingt huit ans, 2/ Stephan Crane lui, nous raconte au présent ses aventures militaires et amoureuses à Cuba, 3/ en même temps, de son lit d’agonisant Stephen Crane dicte à son épouse (ancienne tenancière d’un bordel appelé Hôtel de Dream) un roman intitulé Le Garçon maquillé. Roman permettant de financer son voyage à Londres où il rencontrera Joseph Conrad, Henry James, juste avant sa mort. Vous me suivez ? Le garçon maquillé s’appelle Elliott, il est jeune, il est beau , il se prostitue. Il va mourir de la syphilis, pandémie qui fit des milliers de morts dans les quartiers sordides de New York en cette fin de XIX° siècle.

Syphilis, SIDA. Avec deux S majuscules, comment ne pas y voir une trajectoire parallèle à celle du Julien de l’Homme marié. Mais la valeur de ce livre, c’est encore et toujours la beauté du texte : « Elliott : est-ce que je te fais t’aimer ? Théodore : les jours où tu m’aimes, je m’aime de façon immodérée. » ou bien : « Stephen était persuadé d’avoir vu des larmes sur le visage d’Elliott, petites mares de lave en fusion sur un cratère mort ».
Il semble que Stephen Crane ait réellement rencontré un soir un jeune garçon nommé Elliott. Le gamin mourait de fin, Crane lui aurait offert un dîner ainsi qu’un peu d’argent pour l’aider à se soigner de la syphilis. Edmund White a bénéficié pendant neuf mois d’une bourse de recherche afin de consulter des centaines de livres au Dorothy and Lewis B. Cullman center de New York pour écrire ce livre.

Encore un grand livre. Rien à dire. Il faut lire.

Hôtel de Dream de Edmund White chez Plon, collection Feux Croisés, 21 Euros.

Sur le site des Editions PLON


Né en 1940 à Cincinnati, Ohio, Edmund White se fait connaître du grand public dix ans après sa participation au groupe Violet Quill, mouvement d’écriture gay. New-yorkais, enseignant à l’université de Princeton, il est l’auteur de Ecorché vif, La bibliothèque qui brûle (Plon, 1997), La Symphonie des adieux (Plon, 1998), L’Homme marié (Plon, 2000) et d’une biographie de Jean Genet (Gallimard, 1993). Son autobiographie, Mes vies, parue chez Plon en septembre 2006, a été particulièrement bien accueillie en France.


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