POLYCHROMES

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CONCOURS PHOTO 2009 | Petit tour d’horizon sur les photos non exposées

mercredi 29 avril 2009, par Jean-louis Garac

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C’est le jeu ! Certains ont gagné et sont exposés au Glam d’autres non ! Et c’est presque injuste vu la grande qualité des photos envoyés pour ce premier concours lancé par Polychromes "Votre approche du nu" ! Permettez moi de vous emmener dans l’univers de ces photographes et de leurs œuvres pour leur rendre aussi un hommage mérité !

J. Texier Le rêve d’un Eden perdu se révèle dans cette photographie très picturale prise à travers un reflet de lac ou de rivière. On y découvre des teintes douces de bleue, turquoise et vert d’eau qui semblent fluidifier cette photographie qui se partage en deux en diagonale avec un côté plus minéral dans la partie supérieure. La silhouette d’un jeune garçon sur le rocher les bras levés s’y dessine en ondulant, comme une apparition hors du temps. Une forme de magie provient de cette image impressionniste et il me revient en mémoire des tableaux de peintres anglais passés maître dans l’art de montrer un moment d’innocence quasiment mythique, de jeunesse et de nudité, comme ceux de Thomas Eakins et de Henry Scott Tuke.

C. Arziari La cheminée, telle un tableau, est une sorte de miroir que cette femme vue de dos regarde. Au corps féminin en noir et blanc répond l’image du désir par les flammes en couleurs. De chaque côté de la cheminée du bois mort et sur le lit des branches de feuilles, qui semblent être des branches d’olivier, entourant cette jeune personne : hymne à la vie face au temps inéluctable. Une forme de sérénité émane de cette photographie, mariage de paix et de passion. On remarquera que l’aura des flammes semblent même dessiner un oiseau qui tel un Phoénix pourrait être associé à cette célébration d’amour naissant. Ce pourrait être aussi l’illustration renouvelée de la femme au foyer…

F. Renaudin Dans une baignoire, qui pourrait représenter le quotidien des jours, tel un œuf en coupe, cette photographie montre un poussin humain qui ne demande qu’à éclore. Fœtus adulte, fragile, semblant prier ou semblant attendre un baiser qui pourrait le rendre à la vie, nous voyons ici plutôt l’idée du nu comme espace de toutes les potentialités avant la véritable naissance d’une personne.

D. Vautey Photographie d’une grande simplicité mais aussi d’une grande émotion, on découvre ici un jeune homme nu, à genoux sur un parquet, sa main droite cachant son sexe ; seule une fine chaîne d’or habille ce corps. La photographie est prise en hauteur, la lumière venant dans le dos du modèle. Fragilité, abandon et regard interrogateur ressortent de cette photographie. Le garçon fixe droit dans les yeux son photographe et ses spectateurs en quête d’un probable adoubement. Veut-il nous signifier également, qu’à travers le titre de ce concours « votre approche du nu », il nous renvoie une question indissociable « votre attente de l’autre » ? (la photo a été floutée)

M. Ibrahimof Cette photo étonne au premier abord ! Cependant, on peut comprendre que cette approche du nu se fait à tâtons et à petits pas ! Ou selon l’expression consacrée qu’il faut « faire des pieds et des mains » pour y arriver… Dans cette photo pied et main sont à terre comme si la personne allait prendre la position d’un départ dans les starting-block vers quelqu’un à rattraper ou conquérir, peut-être cet « autre » qui échappe à notre désir. Faut-il le rappeler, les pieds et les mains sont aussi les parties normalement nues de l’individu, toujours au contact des autres et aussi les plus « oubliées » parce que les plus exposées chaque jour au regard de tous ! Enfin « les plus oubliées » sauf pour les fétichistes...

C. Roustan Cet enlacement de corps masculins est un détail de statue en marbre. Ici la puissance des cuisses, des muscles, des fesses, le galbe des jambes forment un entrelacs d’une grande sensualité. Ces parties de corps disent autre chose que l’action qui peut apparaître comme une lutte entre deux hommes ! Sens caché, instinctif ou inconscient… Comme, dans cette autre photo où l’ombre d’un semblant de visage dû à un sexe mutilé se révèle sur la cuisse d’une statue !

J. de l’Elfe Ce photographe nous donne une version dans des tons séppia et nostalgiques, comme d’anciennes photos retrouvées, d’un nu à la fois serein et délicat où le fond reste légèrement flou. La jeune femme sur deux photos est placée sur une couverture foncée un peu comme les enfants de jadis sur de la fourrure. La mise en médaillon d’une des photos renforce ce côté « ancien » et seul l’ordinateur révèle qu’il s’agit bien d’un cliché d’aujourd’hui.

V. Marcoud Nu féminin sans visage, moment d’intimité volé, ces deux photographies en noir et blanc offre des images artistiques et très classiques de la représentation de la femme. L’odalisque à la rose blanche évoque une ambiance quasiment aristocratique en suggérant l’idée de perfection et de pureté. Cette Vénus de Milo continue l’hymne éternel de la beauté et de l’assurance féminine.

Deux grands pôles se sont donc affrontés dans la photo de nu de ce concours : d’un côté charme, douceur, sensibilité, voire pudeur, avec très souvent l’association de fleurs comme métaphore de cette pureté et de l’autre violence, exhibition, contraction, douleur, lançant comme un démenti cinglant aux tenants d’une image d’Epinal du nu.

Notons au passage que le grand photographe américain Robert Mapplethorpe a joué par exemple sur ces deux registres et a photographié également des fleurs comme s’il s’agissait de corps et de sexes.

Petite remarque, les corps nus sont souvent photographiés sans visage, est-ce une dernière pudeur ou simplement la possibilité d’une projection personnelle afin de faciliter l’assimilation de cette nudité et d’en continuer au fond de nous l’approche secrète ?

Actuellement au Glam vous pouvez admirer les 20 photos sélectionnées par le jury dont les 5 gagnants parmi les noms des photographes suivants.

Nina Gheysari Nazgol ; Veronaise ; Jean-Julien Ney ; Françoise Blondel ; Philippe Chiodi ; Philippe de Gregorio ; Alain Héril ; Jacqueline Texier ; Mathias Girard ; Emilie Favier ; Alain Héril ; Emilie Fabbiani ; Philippe Lemaire ; Corinne Roustan ;

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