POLYCHROMES

TOUTES LES CULTURES LGBT : ARTS VISUELS - PRATIQUES ARTISTIQUES - SPECTACLES VIVANTS - CHORALE - SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES - LITTERATURE - DECOUVERTE DU PATRIMOINE


CINEMA | Mourir comme un homme

dimanche 18 octobre 2009, par Gérard Crespo

Toutes les versions de cet article :

  • français

de João Pedro Rodrigues
Sélection officielle Festival de Cannes 2009 Un certain regard
Film projeté en avant première lors de "l’Eté Indien" de Polychromes le 26 septembre 2009 au Mercury

Antonio/Tonia

Tonia, une transsexuelle vétéran des spectacles de travesti à Lisbonne, voit s’effondrer le monde qui l’entoure. Son statut de star est menacé par la concurrence des jeunes artistes et elle découvre qu’elle est malade. Pressée par son jeune copain Rosario d’assumer l’identité de femme et de se soumettre à l’opération qui la fera changer de sexe, Tonia lutte contre ses convictions les plus intimes. Pour s’éloigner de tous ses problèmes, elle part avec Rosario et ils se retrouvent dans une forêt enchantée où ils rencontrent l’énigmatique Maria Bakker. Tout va alors basculer...

Curieux objet cinématographique, ce nouveau long métrage de l’auteur de O fantasma et Odete a reçu un accueil un peu tiède des festivaliers cannois, ce qui n’est qu’à moitié justifié. Certes, le récit peine à trouver son rythme, l’auteur abuse des plans séquences contemplatifs (la chanson dans la forêt) et un montage plus serré aurait donné un ton elliptique plus adéquat à cette histoire d’une déchéance. Mais l’ouverture (deux soldats courant et copulant dans une mystérieuse forêt, puis un meurtre inattendu) a la sécheresse et la beauté de O fantasma, tout en rappelant le ton décalé de la première partie du film thaïlandais Tropical Malady : une poésie semi-horrifique, hypnotisante et apte à éveiller les pires cauchemars de l’inconscient.

Les mesquineries entre travestis, les conflits avec le fils ou l’apparition de la maladie sont par contre traités avec davantage de banalité ; et si Mourir comme un homme s’inscrit ici dans la lignée du Fassbinder du Droit du plus fort, il n’en retrouve pas la théâtralité foisonnante et le style baroque. Mais rien que pour quelques fulgurantes séquences (outre le prologue, il faut citer l’escapade onirique avec Maria Bakker, ainsi que la dernière scène sur la plage), cette œuvre singulière mérite le détour. Elle a été également sélectionnée dans le cadre des « rencontres européennes de Polychromes », événement culturel niçois visant à promouvoir la culture homosexuelle sous toutes ses formes.

Gérard Crespo

En partenariat avec CinémaS site présentant des critiques des films présentés au Festival de Cannes, en sélection officielle et dans les sections parallèles

Portfolio


RSS 2.0 [?]

Espace privé

Site réalisé avec SPIP
Squelettes GPL Lebanon 1.9